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samedi 17 novembre 2007

"Rien ne vaut les classiques" : le hachis parmentier

Avant, lorsque je me lançais dans une nouvelle recette, je me rendais compte à quel point j'étais conditionnée par la cuisine de ma maman : j'avais tendance à n'utiliser que les ingrédients que je connaissais et à me limiter à ses plats traditionnels. Je commence, doucement mais sûrement, à me libérer du joug pesant de l'habitude pour rejoindre le monde rayonnant de la révolution culinaire. C'est comme ça que je me suis lancée dans la réalisation de mon premier hachis parmentier. J'espère que vous appréciez l'exotisme suprême de mes innovations.

Je n'ai aucun souvenir d'enfance de hachis parmentier, qui me semble pourtant bien placé pour concurrencer le jambon-frites dans le top five de la gastronomie enfantine. En même temps, lorsque j'étais petite, je n'aimais pas la purée parce que ça avait le goût de lait. Je vous dirais bien, pour voir dans vos yeux une lueur d'envie ou d'admiration (selon que vous vous sentez plus proches du monde des parents ou des enfants), que je préférais les endives, mais ce n'était pas le cas. Je crois qu'à part des boudoirs trempés dans l'eau, je ne mangeais pas grand-chose avec plaisir. Comme quoi, on finit toujours par changer.

Un jour, malgré ces débuts difficiles avec le hachis parmentier, j'ai eu l'intuition - sortie de nulle part - que j'avais désormais l'âge (canonique de 18 ans) d'apprécier ce grand classique. Et bingo, je suis devenue une parmentier-adepte. C'est chaud, c'est bon, c'est réconfortant, c'est convivial, c'est facile à faire, et ça plaît à tout le monde. Le hachis parmentier fait partie de ces plats dont la seule évocation suffit à réchauffer les coeurs (je sais, je donne beaucoup trop d'importance à ce genre de choses, mais chacun sa secte d'illuminés). Et pour finir, j'adore le concept de plat unique pour un dîner nombreux.

Je ne suis pas franchement anti-conformiste, mais je n'ai pu m'empêcher d'en modifier les fondamentaux. En réalité, je n'ai pas modifié, j'ai rajouté, c'est encore mieux. J'ai mélangé plein de recettes différentes pour finir par trouver celle qui me plaisait le plus.


Pour 6 personnes dotées d'un solide appétit :

- 600 grammes de viande de boeuf hachée
- 1 carotte
- 2 oignons
- 100 grammes de champignons de Paris
- 800 grammes de pommes de terre à purée
- 50 grammes de beurre (+ beurre pour faire cuire les légumes)
- 20 cl de crème fraîche
- 20 cl de lait
- 50 grammes de gruyère râpé

Mettre les pommes de terre entières à cuire à l'eau, avec leur peau.

Emincer les oignons. Eplucher les carottes et les couper en fines rondelles. Eplucher les champignons de Paris et les couper en petits cubes.

Dans une grande poêle, faire dorer les oignons à feu doux dans le beurre, puis les réserver. Les remplacer par les carottes pour les faire caraméliser dans le beurre, puis réserver. Ensuite, faire suer les champignons. Enfin, faire cuire la viande en ajoutant tous les légumes à la fin de la cuisson. Saler et poivrer.

Lorsque les pommes de terre sont cuites, les éplucher puis les couper en quatre pour les réduire en purée, au robot ou au presse-purée. Ajouter le lait bouillant, le beurre et la crème. Saler et poivrer.

Dans un grand plat allant au four, commencer par étaler une fine couche de purée, puis la viande mêlée aux légumes, puis une couche plus épaisse de purée et finir par une fine couche de gruyère râpé. Enfourner pour 20 à 30 mn à 200°, le temps que le dessus soit bien doré.


Avec une salade verte, on dirait presque un repas équilibré. Le grand plat est sympathique et convivial, mais ne permet pas d'avoir un hachis très présentable. Pour un service un peu plus chic, il vaut mieux utiliser de petits plats individuels.